29 février 2012 ~ Commentaires fermés

Communiqué de presse/Génocide arménien

La décision des sages ne devrait plus tarder.

J’ai été profondément surprise et peinée d’apprendre la saisine du Conseil Constitutionnel par mes collègues dans le but de faire invalider la loi sur la contestation des génocides ; néanmoins, il s’agit d’une voie de droit, elle est légitime et doit être respectée en tant que telle.

En revanche, qu’une puissance étrangère par le biais de son ambassadeur se permette d’intervenir sur des parlementaires en leur demandant d’être signataires du recours est proprement inqualifiable !

Le Conseil Constitutionnel est la plus haute de nos juridictions de droit interne. Elle se prononce sur la constitutionnalité des lois françaises applicables sur le sol français. Nous n’avons ni vocation ni compétence à intervenir en Turquie sur des règles contrevenant à nos principes même si
« Amnesty International » ou « reporters sans frontière » se font l’écho de pratiques allant à l’encontre des droits de l’Homme. Ceci est du ressort soit de leurs juridictions soit de celles internationales.

En son temps la Turquie a jugé les « Unionistes », 4 ministres d’Etat dont le grand vizir ont été condamnés à mort par contumace mais, de même qu’au tribunal de Nuremberg, la qualification de génocide n’existait pas encore… Le rapport Witheaker de l’ONU puis le Conseil de l’Europe ont qualifié le massacre de 1915 de génocide? Terme inventé par Richard Lemkin
au sujet des événements de 1915.

Les faits sont là. Il est certes important de préserver la liberté de l’historien mais sa liberté ne peut être détachée des devoirs tout aussi grands qui sont les siens. La noblesse de sa discipline réside dans le sérieux et l’impartialité de sa démarche et moins que quiconque il ne doit pouvoir sous couvert de son titre délivrer des thèses non suffisamment vérifiées ou partiales surtout dans des domaines aussi graves que les crimes commis contre l’Humanité. Dans sa formulation, la Loi prévoit  » la contestation ou la minimisation outrancière » du génocide, sa rédaction a été conçue dans le but de justement préserver la liberté de recherche scientifique, les travaux préparatoires en attestent. On ne peut céder a la mode d’une sacralisation sans condition d’une liberté qui placerait l’historien au-dessus des autres citoyens.

Le négationnisme n’est pas un droit mais un abus de droit tel que prévu à l’article 17 de la déclaration des droits de l’Homme. L’Etat Turc a bien compris l’importance que nous accordons à la liberté d’expression et à celle de la recherche historique…La défense de celles-ci par l’ambassadeur de Turquie laisse cependant rêveur quand on sait combien elles peuvent être muselées chez eux.

L’intervention de ce pays auprès des parlementaires par le biais de son ambassadeur serait une farce risible si elle ne recouvrait autant de douleurs mais elle est un acte grave, une tentative d’intervenir sur les lois nationales de notre pays. Ceci est non seulement contraire à toutes nos règles diplomatiques mais est aussi et surtout un acte d’ingérence  caractérisé sur le sol français par une puissance étrangère.

C’est inacceptable !

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