04 décembre 2009 ~ 0 Commentaire

Intervention de Sophie Joissains sur la politique de la ville

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A propos du Comité Interministériel des Villes du 20 janvier

    La France sait qu’elle connaît des difficultés sociales particulières au sein des grands ensembles immobiliers urbains depuis les années 1970. La majeure partie des Français a découvert le mal vivre des quartiers populaires lors de l’été chaud de 1981. Depuis bientôt trente ans, les solutions ont succédé aux solutions, les plans aux plans, mais aussi les crises aux crises. Les événements observés à l’automne 2005 ont généré une réelle prise de conscience de l’urgence à agir. Pour autant, dès 2003, Jean-Louis BORLOO convaincu de cette nécessité d’agir, était parvenu à faire voter la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine.

Cette loi dite BORLOO affichait ses ambitions : réduire les inégalités dans les zones urbaines sensibles (ZUS), porter un vaste programme de rénovation urbaine, favoriser le développement économique des quartiers prioritaires. En créant l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZ) et l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), le ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine d’alors donnait à la France les moyens de satisfaire ces ambitions. De surcroît, deux ans jour pour jour après la loi organique relative aux lois de finances (la fameuse LOLF), Jean-Louis BORLOO est apparu comme le premier auteur d’une loi qui s’imposait d’agir en se désignant des objectifs, des indicateurs de résultats mais aussi des indicateurs de moyens. Ce fait en apparence anodin, révélait la compréhension de l’urgence à agir et traduisait la volonté d’aller au-delà des discours.   

   C’est aussi pour cette raison qu’en 2007, le Parti Radical a salué la proposition du candidat à la Présidence de la République, Nicolas SARKOZY, d’un plan Marshall pour les banlieues. Après les émeutes urbaines de l’automne 2005, nul ne méconnaissait plus l’urgence de la situation que Jean-Louis BORLOO décrivait depuis plusieurs années. L’arrivée dans le Gouvernement de François FILLON de Mme Fadela AMARA, en tant que Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, a suscité de nouveaux espoirs. Au terme de la large concertation nationale relative aux quartiers populaires qui a donné lieu à quelques 300 rencontres territoriales pour la ville, un ensemble de mesures illustrant la nouvelle politique en faveur des banlieues voulue par le Président de la République a été élaboré. Le comité interministériel des villes (CIV) réuni autour du Premier ministre, le 20 juin 2008 à Meaux, a validé toutes les mesures qui constituent désormais la « dynamique Espoir – Banlieues ».

    Au moment où François FILLON réunit le CIV pour la seconde fois en sept mois (1) , le Parti Radical réaffirme son plein et entier soutien à cette démarche innovante en faveur des banlieues. Elle incarne une rupture salutaire pour les quartiers populaires, car davantage que de donner toujours plus de moyens au seul ministre en charge de la politique de la ville, cette dynamique invite la majeure partie des membres du Gouvernement à veiller à la mobilisation de la politique de droit commun dont ils ont la responsabilité, à l’intérieur des quartiers populaires prioritaires.

    C’est ainsi qu’entre 2008 et 2011 : 45 000 contrats d’autonomie sont en train d’être proposés aux jeunes des quartiers ; 15 000 créateurs d’entreprise dans les quartiers doivent être aidés ; 40 000 emplois, 9 000 contrats de travail en alternance et 36 000 stages professionnels doivent être proposés aux jeunes des quartiers par 53 grandes entreprises, 2 associations d’entreprises et 9 fédérations professionnelles ; le dispositif des écoles de la 2ème chance doit être amplifié pour atteindre le rang de réel projet de société ; l’accès aux classes préparatoires des grandes écoles doit être élargi ; la lutte contre le décrochage scolaire doit être renforcée ; 4 projets spécifiques visant au désenclavement de certains quartiers d’Ile-de-France doivent être conduits – et Jean-Louis BORLOO attache une importance toute particulière à ce dossier – ; l’accès au sport des habitants des quartiers populaires doit être favorisé ; etc. Au total, il s’agit de 19 volets comprenant 70 mesures capables d’apporter une réelle amélioration de la qualité de vie des habitants des quartiers populaires.

    Le CIV du 20 janvier 2009 a procédé au premier bilan d’étape de la dynamique « Espoir – Banlieues », l’intégralité des mesures a donné lieu au moins à un début de mise en œuvre. L’impatience est grande dans les quartiers populaires. Le poids des inégalités y est encore durement ressenti. Pour autant, la rupture des inerties est toujours difficile, mais c’est là que réside l’essentiel.  Pour porter des fruits durables, une telle  politique nécessite durée et volonté. C’est le défi présent.
A cet égard, la nomination par le Président de la République le 17 décembre dernier, de M. Yazid SABEG en tant que Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, intervient au bon moment. Soucieux de la réalité de l’égalité dans notre pays, le promoteur des « politiques volontaristes de réussite éducative et de la promotion des talents dans les quartiers populaires » va pouvoir développer une action qui contribuera à déblayer l’horizon des jeunes de ces quartiers. Il est important aujourd’hui de rendre l’espoir à des milliers de jeunes qui notamment dans les quartiers populaires, s’engluent dans la déscolarisation, voire la désocialisation, ou qui ne parviennent pas à entrer sur le marché du travail quand avec opiniâtreté, ils sont parvenus à obtenir des diplômes malgré les handicaps. Par son rattachement direct au Premier ministre et par les moyens supplémentaires qui lui ont été accordés, M. Martin HIRSCH récent Haut commissaire à la jeunesse dispose des moyens de renforcer la dynamique « Espoir – Banlieues » et d’accroître la cohérence de l’action du Gouvernement en faveur de la jeunesse.

    Le parti radical compte au nombre de ceux qui pensent qu’un pays qui parie sur sa jeunesse est un pays qui croit en son avenir. Changer le regard de la société française sur sa jeunesse comme sur ses quartiers populaires est notre défi le plus urgent et le plus éminent.

(1) Le fait est assez rare pour être souligné, le CIV s’est réuni sept fois à ce jour depuis sa création en 1988 : les 25 juillet 1991, 18 janvier 1996, 30 juin 1998, 14 décembre 1999, 9 mars 2006, 20 juin 2008 et le 20 janvier 2009. Il est prévu qu’il se réunisse au moins semestriellement pendant toute la durée de mise en œuvre de la dynamique « Espoir – Banlieues ».

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